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René Bousquet

Last modified: 10 novembre 2009

novembre 2009

Citer cet article

Bousquet, René, Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 9 novembre 2009, consulté le 25 avril 2014, URL : http://www.massviolence.org/Bousquet-Rene, ISSN 1961-9898

Fils d’un notaire radical de Montauban, étudiant en droit, René Bousquet (1909 – 1993) devient à seulement 21 ans chef de cabinet du préfet du Tarn-et-Garonne. Très vite, il poursuit ce début de carrière fulgurant au ministère de l’Intérieur. Il est remarqué en 1935 par le nouveau chef du gouvernement, Pierre Laval. Il commence une carrière à la Sûreté nationale avant de devenir, en septembre 1940, dans les premières semaines du nouveau régime de Vichy, préfet de la Marne.

Le retour de Laval au pouvoir en avril 1942 le fait nommer secrétaire général à la Police, son mentor conservant officiellement le ministère de l’Intérieur. Mais l’homme a les coudées franches et du talent. Recherchant d’emblée la confiance et la collaboration des représentants allemands, il veut, sur tous les dossiers, assurer la souveraineté française. Ses négociations avec les services policiers nazis débouchent dès l’été 1942 sur les « accords Bousquet-Oberg », renouvelés en avril 1943. Ils engagent profondément la responsabilité de Vichy dans la répression allemande et, surtout, dans la mise en route de la « solution finale ». Les travaux de Serge Klarsfeld ont notamment démontré que c’est Bousquet qui propose la livraison de Juifs étrangers détenus en « zone libre », contre une illusoire impunité des Juifs français à moyen terme (S. Klarsfeld, 1983-2001).

Finalement, alors que les succès alliés se multiplient, les Allemands demandent en décembre 1943 le remplacement de Bousquet, devenu trop frileux. Il est même arrêté le 9 juin 1944 et emmené en Allemagne. Cette fin de parcours et l’ignorance de sa responsabilité font qu’il n’est condamné par la Haute Cour de justice qu’à cinq ans de dégradation nationale en juin 1949, peine aussitôt levée du fait de « sa participation active à la résistance ». Il mènera une carrière dans le privé, notamment à la Banque de l’Indochine. Il est inculpé en 1991 de crimes contre l’humanité mais son assassinat le 8 juin 1993 clôt la procédure (P. Froment, 1994).

Online Encyclopedia of Mass Violence® - ISSN 1961-9898