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Joseph Darnand

Last modified: 10 novembre 2009
Thomas Fontaine

novembre 2009

Citer cet article

Thomas Fontaine, Darnand, Joseph, Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 3 novembre 2009, consulté le 30 juillet 2010, URL : http://www.massviolence.org/Darnand-Joseph,414, ISSN 1961-9898

Portrait of Joseph Darnand (Click to enlarge the image) Portrait of Joseph Darnand « Héros et condottiere » selon l’expression de Pierre Giolitto (2005:102), le parcours de Joseph Darnand (1897 – 1945) apparaît à la fois singulier et révélateur de bien des errements de Vichy. Héros de la Première Guerre mondiale, il démontre une fois encore son courage durant la campagne de France de 1940, où il est fait prisonnier avant de s’évader. Mais il tombe finalement à la Libération devant un peloton d’exécution français. Patriote farouche, il finira par revêtir l’uniforme allemand.

D’origine modeste, Joseph Darnand n’arrive pas à devenir officier après la Première Guerre mondiale, malgré ses exploits militaires. Il en garde une forte rancoeur contre la République et ses élites. Il finit par quitter l’armée en 1921 et choisit l’action politique, à l’extrême droite, au sein de l’Action française puis, surtout, de la Cagoule. Avec l’avènement de Vichy, installé à Nice, il devient le président de la section départementale des Alpes-Maritimes de la nouvelle Légion française des Combattants, vitrine du Maréchalisme. Très vite, il cherche à faire de cette réussite locale une sorte d’élite paramilitaire nationale et l’armature du Service d’ordre légionnaire (SOL) puis, en janvier 1943, de la Milice. Dès son retour au pouvoir, dépourvu d’un mouvement de masse, Laval s’appuie sur Darnand qui s’engage de plus en plus nettement dans la collaboration avec l’Allemagne nazie – il prête serment de fidélité à Hitler et s’engage dans la Waffen SS en août 1943. En janvier 1944, sur pression allemande, Laval en fait son secrétaire général au Maintien de l’Ordre, symbole de la fin d’un Vichy tombé dans une dérive policière extrême. Opérations contre les maquis et exécutions par les cours martiales, qu’il organise, signent tragiquement cette « fin de régime ». En septembre 1944, Darnand est à Sigmaringen, avant d’incorporer sa Milice dans la division Charlemagne. Condamné à mort par la Haute Cour de justice, il est fusillé le 10 octobre 1945.

Online Encyclopedia of Mass Violence® - ISSN 1961-9898 - Edited by Jacques Semelin