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Case Study:

La rafle du Vélodrome d’hiver, 16-17 juillet 1942

Last modified: 9 novembre 2009
Michel Laffitte

novembre 2009

Citer cet article

Michel Laffitte, La rafle du Vélodrome d’hiver, 16-17 juillet 1942, Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 9 novembre 2009, consulté le 24 avril 2014, URL : http://www.massviolence.org/La-rafle-du-Velodrome-d-hiver-16-17-juillet-1942, ISSN 1961-9898

 A. Contexte

Arrestation la plus massive de Juifs jamais organisée sur le territoire français, la rafle dite du Vél’ d’hiv’ fait plus de 13.000 victimes à Paris et dans sa banlieue. C’est, en à peine plus de deux jours, près du tiers des 42.000 Juifs déportés de l’année terrible 1942 au cours de laquelle disparaissent vers les centres de mise à mort de Pologne plus de la moitié des 76.000 Juifs déportés de France. La nouveauté radicale de ces arrestations, par rapport à celles qui se sont déjà déroulées les 14 mai, 20-23 août et 12 décembre 1941 à Paris, tient d’abord à leur ampleur. Elles englobent en effet pour la première fois les femmes et les enfants, qui n’ont pas le réflexe de se cacher. Elles s’insèrent ensuite dans le vaste plan de déportation des Juifs d’Europe planifié par les Allemands à la conférence de Wannsee en janvier 1942. La rafle du Vel’ d’hiv’ devient ainsi la mise en acte de la solution finale. Enfin, ces arrestations annoncées donnent l’occasion au gouvernement de Pierre Laval de mettre en pratique la souveraineté française accordée à Vichy sur l’ensemble du territoire par la convention d’armistice du 22 juin 1940, un principe régulièrement violé depuis. De nouvelles négociations sont donc menées par le secrétaire général à la Police de Vichy René Bousquet auprès du général Carl-Albrecht Oberg. Leur nomination marque un tournant. Bousquet est en poste depuis le retour au pouvoir de Laval en avril et Oberg est nommé le 9 mars 1942 par Hitler chef suprême de la SS et de la police allemande dans le ressort du commandement militaire en France, poste qu’il occupe à partir de mai. Serge Klarsfeld date de la venue à Paris de Reinhard Heydrich, chef du RSHA, l’Office central de sécurité du Reich, et de sa rencontre avec Bousquet le 6 mai 1942, le début des exigences allemandes (Klarsfeld, 2001). Un mois avant la rafle, dès le 16 juin, il est ainsi prévu qu’en plus des Juifs de 16 à 55 ans qui seront arrêtés en région parisienne, 10 000 autres seront livrés depuis la zone dite libre. Cette limite d’âge sera ensuite abaissée à 2 ans et élevée pour les hommes jusqu’à 60 ans, puis au-delà.

Online Encyclopedia of Mass Violence® - ISSN 1961-9898