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Les crimes de masse sous Staline (1930-1953)

Last modified: 21 décembre 2009
Nicolas Werth

décembre 2009

Citer cet article

Nicolas Werth, Les crimes de masse sous Staline (1930-1953), Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 28 décembre 2009, consulté le 27 août 2014, URL : http://www.massviolence.org/Les-crimes-de-masse-sous-Staline-1930-1953, ISSN 1961-9898

 1935-1937 : Déportations de minorités ethniques dans le cadre du « nettoyage » des zones frontalières de l’URSS***

À partir de 1935, le gouvernement soviétique multiplie les opérations de « nettoyage » des zones frontalières, de plus en plus perçues comme une véritable ligne de front.

En février-mars 1935, dans la région de Leningrad, une première opération se solde par la déportation de quelque 3 500 familles d’origine finlandaise, lettone ou estonienne, envoyées au Kazakhstan, en Sibérie et au Tadjikistan. (Source : Terry Martin, The Affirmative Action Empire. Nations and Nationalism in the Soviet Union, 1923-1939, Cornell University Press, 2001, p. 333sq).

Au même moment, 8 300 familles (41 650 personnes) sont déportées des districts frontaliers des régions de Kiev et de Vinnitsa. Les citoyens soviétiques d’origine polonaise et allemande représentent la majorité des déportés, les autres étant catalogués comme « éléments socialement étrangers ». Dans ces premières opérations, encore limitées et sélectives, le critère ethnique était « panaché » avec des considérations de classe, plus convenues dans la culture politique communiste.

Les opérations de « nettoyage » des zones frontalières sont poursuivies et amplifiées en 1936. En avril-mai 1936, un second contingent de 5 000 familles d’origine finlandaise est déporté de la région de Leningrad. En juin et septembre 1936, 15 000 familles d’origine polonaise et allemande résidant, en Ukraine occidentale, le long de la frontière soviéto-polonaise, sont déportées vers le Kazakhstan.

La déportation la plus massive frappe, en septembre-octobre 1937, l’ensemble de la communauté coréenne installée dans les districts frontaliers de l’Extrême-orient soviétique (régions de Vladivostok, de Khabarovsk, du Birobidjan). Dans la résolution secrète du Comité central du parti communiste, en date du 21 août 1937, cette déportation massive était justifiée par le fait que les Coréens constituaient « un vivier d’espions et de diversionnistes pour les services secrets japonais ». Pour la première fois, la totalité d’une minorité nationale- 172 000 individus- est déportée. Pour mener à bien cette opération dans les délais impartis (deux mois), le NKVD mobilise 124 convois ferroviaires pour transporter jusqu’en Ouzbekistan ou au Kazakhstan les Coréens déportés. (Source : P. Polian, Ne po svoiei vole. Istoria i geografia prinuditel’nyh migracij v SSSR, Moskva, OGI-Memorial, 2001, p. 87-92).

Online Encyclopedia of Mass Violence® - ISSN 1961-9898