Les violences de masse commises dans l’espace yougoslave entre 1941 et 1945 sont abordées dans un cadre yougoslave et non dans celui de chacun des pays le composant. En effet, si le royaume de Yougoslavie a été démantelé en avril 1941, force est de constater que le pays ne s’est pas effondré de l’intérieur et que des acteurs politiques et militaires significatifs continuent d’agir dans la perspective du rétablissement de la Yougoslavie : c’est le cas de l’Armée yougoslave dans la patrie (ou mouvement des četnici) dirigée par le général Dragoljub Mihailović et soutenue par le gouvernement yougoslave en exil, mais également du mouvement des partisans communistes (partizani), qui tout en combattant les occupants souhaitent prendre le pouvoir dans un Etat yougoslave remodelé. La Seconde Guerre mondiale n’affecte la Yougoslavie qu’à partir d’avril 1941. En effet, l’Allemagne d’Hitler n’avait pas de visée particulière sur cet Etat. Ce n’est qu’à la suite d’un putsch, survenu le 27 mars 1941, et ayant provoqué le renversement du gouvernement yougoslave qui avait adhéré au Pacte tripartite deux jours plus tôt, que l’Allemagne, appuyée par ses alliés italiens, hongrois et bulgares, décide d’envahir le pays.
Cet index chronologique ne présente pas un caractère exhaustif. Plutôt que de recenser l’ensemble des atrocités commises pendant la Seconde Guerre mondiale – ce qui représenterait un travail fastidieux et quelque peu indigeste – l’objectif est ici de refléter les violences commises par chacune des parties impliquées (occupants et acteurs internes) en sélectionnant les cas les plus pertinents possibles. Les régions traitées sont principalement la Serbie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine.
Les violences de masse commises dans l’espace yougoslave entre 1941 et 1945 font toujours l’objet de vives polémiques, en particulier à propos du nombre total de victimes. Les chiffres officiels établis par les autorités yougoslaves après 1945 fixant le nombre de victimes à 1,7 million de personnes ont été remis en question dans la seconde moitié des années 1980 par des chercheurs indépendants (Bogoljub Kočović, Vladimir Žerjavić), estimant à un million environ le nombre de victimes de guerre.