Oradour-sur-Glane est le nom d’une commune du Limousin (15 kilomètres à l’ouest de Limoges, Haute-Vienne) où une unité de Waffen SS massacra en un après-midi 642 personnes, en majorité des femmes et des enfants.
Les caractéristiques de ce drame font d’un « Oradour » un massacre arbitraire de population civile par une unité militaire régulière contrôlée par une autorité légale ou par une formation paramilitaire agissant sur un territoire en excluant le contrôle des autorités.
Le 6 juin 1944, la Deuxième Guerre mondiale entre dans sa phase finale en France. Les forces allemandes de l’Ouest, concentrées sur les côtes de la Mer du Nord, de la Manche, de l’Atlantique et de la Méditerranée laissent pratiquement libre une grande partie du territoire français. C’est le cas du Massif Central et de sa bordure ouest, le Limousin.
Seules les villes principales sont occupées en permanence. Des troupes spécialisées procèdent à des ratissages, investissant bourgs et campagnes. Elles y instaurent la terreur par la violence. Arrestations, déportations, exécutions sommaires, incendies alternent avec des périodes de calme. Deux divisions blindées, rapatriées en mauvais état du front de l’Est, stationnent dans la région (départements de la Dordogne et du Lot et Garonne) où elles sont en cours de reconstitution avec des matériels et du personnel nouveaux. Les états-majors locaux les utilisent pour des opérations contre les maquis. En plaçant les très jeunes recrues en « situation de combat », ces opérations contribuent à leur instruction militaire.
La population attend sa délivrance des Alliés. Lassée matériellement et moralement par des années d’occupation, de privations, l’absence des prisonniers de guerre et des requis du travail obligatoire en Allemagne ou pour la construction du « Mur de l’Atlantique », elle craint la répression consécutive à des activités du « maquis ».
L’annonce du débarquement en Normandie provoque un accroissement des interventions de résistants : sabotages des moyens de communication (voies ferrées, routes, lignes du téléphone) et la libération de villes (en particulier : Guéret, préfecture de la Creuse et Tulle, préfecture de la Corrèze). Des renforts allemands mettent rapidement fin à ces libérations anticipées qui sont suivies, comme à Tulle, d’une violente répression destinée à terroriser durablement la population.