Soirée organisée par
le Département de Sciences Sociales de l’ENS (Bénédicte Reynaud)
Projection de
BELZEC
Film Réalisé par Guillaume Moscovitz (2005)
Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Disponible en DVD depuis mai 2008
École normale supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005
VENDREDI 22 JANVIER 2010 À 20H30
SALLE DUSSANE
Projection suivie d’un débat en présence de Guillaume Moscovitz et avec la participation de :
Christian Delage, historien et réalisateur, Maître de conférences à l’Université de Paris 8 et à l’EHESS.
Père Patrick Desbois, Directeur du Service National de la Conférence des Evêques de France et Président de Yahad In Unum (association qui mène le projet « Recherche des fosses communes des victimes juives des Einsatzgruppen durant la Seconde Guerre mondiale »)
Jean-François Forges, historien, professeur de Lycée.
Bénédicte Reynaud, Directeur de recherche au CNRS au Département de Sciences Sociales de l’ENS (modératrice)
Entrée libre dans la limite des places disponibles
LE SYNOPSIS
Presque oublié dans l’histoire de la Shoah, Bełźec est chronologiquement le premier camp d’extermination de l’Aktion Reinhard, le plan nazi d’extermination des Juifs des territoires de la Pologne occupée.
Sa destruction intégrale dans les premiers mois de l’année 1943, presque un an avant le démantèlement des camps de Sobibor et de Treblinka, témoigne de la volonté nazie d’effacer les traces de l’extermination des juifs d’Europe. Le meurtre de masse industrialisé du peuple juif par les nazis ne s’est pas arrêté aux meurtres des vies, il a continué avec la destruction des cadavres de ceux qui avaient été exterminés : effacement des corps, des noms et des lieux. Ce qu’on appelle aujourd’hui le négationnisme était déjà au principe même du meurtre nazi : l’effacement des traces de l’extermination faisait partie du plan d’anéantissement du peuple juif.
En filmant les séquelles de cet effacement, le cinéaste montre la violence de notre présent : là où il n’y a que destruction, comment attester de ce qui a été ?
Avant propos au débat
Guillaume Moscovitz filme un lieu où « il n’y a rien à voir » : ni traces matérielles, ni survivants de la mort de masse. Bełźec - le film - pose la question du témoignage. Pour certains anciens du village, le geste transmet ce que la parole ne pourra peut-être jamais prononcer ; le récit de Braha Rauffmann, l’enfant cachée pendant 20 mois, exprime l’effet en elle des disparitions collectives. Ce n’est pas l’oeil qui fait le témoin, mais le regard porté sur l’évènement.